Rencontre avec Guillaume Coignard – Music Manager à Disneyland Paris

Guillaume, quelle est selon vous l’importance de la musique dans les spectacles de Disneyland Paris ?

Pour moi, la musique est centrale dans l’intégralité de nos spectacles. Ce n’est pas juste un accompagnement sonore ; c’est le principal moteur émotionnel qui va soutenir l’histoire. C’est aussi la musique qui va créer l’ambiance immersive parce qu’elle nous entoure, nous enrobe, elle est partout autour de nous, peu importe la manière dont elle est diffusée. Chaque note, chaque mélodie, chaque harmonie va permettre de renforcer tout ce qui fait l’atmosphère particulière d’un spectacle et plonger les spectateurs dans un univers bien particulier. Prenez « Le Roi Lion et les Rytmes de la Terre ». Dès le départ, avec ces percussions et ces ensembles, on sait que l’on part pour un incroyable voyage au cœur de l’Afrique.

Comment la musique d’un spectacle est-elle conçue ?

Cela va vraiment dépendre du type de projet. Dans certains cas, le département musique est impliqué dès les premières ébauches, avant même l’écriture du script. Dans d’autres cas, on va arriver un petit peu plus tard. C’est difficile de donner une méthode et je pense que c’est important. Il ne faut pas s’enfermer dans une méthode spécifique. Chaque projet va demander un regard spécifique, particulier et unique. Ce qui est important, c’est que dans tous les cas de figure, il va y avoir une vision musicale qui va nourrir l’histoire.

Combien de personnes faut-il pour créer la musique d’un spectacle ?

En interne, nous sommes une petite équipe, mais dès qu’un projet est lancé, les effectifs montent en flèche. Nous avons besoin de compositeurs, arrangeurs, orchestrateurs, copistes, personnel de studio, ingénieurs du son, sans compter les coordinations. Donc, vous dire combien de personnes exactement, c’est impossible, d’autant que cela change pour chaque projet, mais sur une année, cela représente facilement plusieurs centaines.

Et qu’en est-il au niveau des musiciens live présents sur la destination ?

Là encore, il est difficile de donner un nombre exact. En 2024, nous avons recruté environ 80 chanteurs, une quarantaine de musiciens et une dizaine de percussionnistes. Et cette année, le Disney Music Festival fait exploser toutes les statistiques, avec plus de 50 chanteurs et musiciens présents au quotidien tout l’été sur le Parc Disneyland. C’est une chance énorme que nous avons de pouvoir bénéficier d’autant de musiciens live, et de pouvoir faire profiter nos visiteurs de toute cette musique vivante.

La musique à Disneyland Paris, c’est aussi une question de collaborations internationales. Si nous faisons le choix de travailler avec des partenaires européens comme, par exemple, aller enregistrer à Londres, à Budapest, à Bratislava ou aux États-Unis, c’est pour des raisons très précises, ayant trait notamment à la culture musicale de chaque lieu. Un orchestre à Budapest ne sonne pas comme un orchestre à Londres. Selon l’esthétique qu’on désire, on va rechercher les collaborateurs qui vont pouvoir faire les propositions les plus proches de ce qu’on veut trouver.

En ce qui me concerne, il est très important de favoriser les propositions européennes. C’est une sensibilité artistique très spécifique qui est extrêmement complémentaire à la structure de musique américaine propre à Disney.

Cette rencontre est en effet la clé de l’identité musicale de Disneyland Paris.

C’est tout à fait ça. On prend le meilleur des mondes : le matériel musical, les structures et les méthodologies de travail américains auxquels on intègre une autre manière de voir les choses, d’aborder la musique, de chanter, de phraser, d’arranger, d’écrire, de travailler l’orchestre. La musique européenne seule ou la musique américaine seule sont déjà passionnantes, mais quand on mélange deux couleurs ensemble, on en obtient une troisième et c’est ça qui est fabuleux !

Quel est votre plus beau souvenir musical à Disneyland Paris ?

J’ai découvert l’univers du Roi Lion et la puissance de la musique africaine dans les années 2000 en travaillant à la direction vocale du musical de Mogador et depuis j’ai un attachement très particulier à cette musique. Quand nous avons lancé la production du spectacle « Le Roi Lion et les Rythmes de la Terre » à Disneyland Paris, ce fut un moment fantastique. Nous avions un événement promotionnel à la Gare de Lyon rebaptisée « Gare du Lion », un moment musical autour d’un des pianos de la gare au cours duquel nous avons chanté « Circle of Life ». Ce fut un moment très fort et l’un de mes meilleurs souvenirs.

Il y a aussi le moment où nous avons enregistré la musique d’« Alice et la Reine de Cœur : Retour au Pays des Merveilles » à Nashville l’année dernière. Quand on travaille en studio, la plupart du temps on enregistre les instruments séparément. Cela facilite le mixage. Mais là, nous avons fait le choix d’enregistrer toute la rythmique en même temps. C’était comme avoir un groupe live devant nous, et cela correspondait parfaitement à la couleur pop rock que nous recherchions, avec une intensité incroyable dans l’interprétation. Pour moi, ce fut un véritable retour aux sources, car je viens précisément de cet univers musical. Vivre cela, avec ces musiciens incroyables, en plein cœur de l’une des capitales mondiales de la musique, ce fut juste fabuleux !

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